Beni face aux risques invisibles de la pollution des rivières

Une eau qui coule à travers la ville peut transporter bien plus que des matières visibles. À Beni, une recherche de Delvaux Kambale Bakalania attire l’attention sur la qualité de trois rivières et sur les risques associés à certaines pollutions chimiques et microbiologiques. Ses résultats invitent à mieux surveiller les cours d’eau dont dépendent les communautés.

Présenté dans le cadre de mémoire de Diplôme d’Etudes Approfondies  à l’Université catholique du Graben, ce travail porte sur les bassins versants des rivières Kilokwa, Munyabelu et Biautu. Il a été réalisé sous la direction du professeur ordinaire Muhindo Sahani Walere.

Suivre l’eau et les pollutions

Un bassin versant désigne le territoire où les eaux s’écoulent vers une même rivière. Les activités qui s’y déroulent peuvent influencer la qualité de l’eau, parfois loin du point où des déchets ou des eaux usées sont rejetés.

Le chercheur a étudié trois rivières et dix effluents, en recourant à un échantillonnage non probabiliste. Elle fait état de 41 échantillons et décrit des analyses physico-chimiques et microbiologiques. La répartition exacte des prélèvements reste toutefois à confirmer dans le mémoire complet.

Le travail examine notamment le pH, la turbidité, les nitrites et des indicateurs de matière organique. Il recherche aussi des germes. Des outils cartographiques ont permis de situer les bassins et certains points de prélèvement. L’insécurité a limité l’accès à des secteurs situés à l’est de l’agglomération, précise une note de la présentation.

Les nitrites attirent l’attention

Dans l’ensemble des valeurs présentées, la concentration médiane de nitrites est de 0,055 milligramme par litre, tandis que le maximum atteint 5,058 milligrammes par litre. Cette dernière valeur est associée au Kilokwa dans les conclusions de l’étude.

Le maximum mérite un examen attentif, mais il ne représente pas tous les prélèvements. Les diapositives ne précisent pas suffisamment la date et les conditions de chaque mesure pour conclure que ce niveau persiste dans le temps. Des prélèvements répétés permettraient de mieux connaître les variations et leurs origines.

Une valeur de pH de 5,67 est aussi rapportée pour le Kilokwa : elle indique une eau acide. La présentation évoque, pour la Biautu, une charge de matière organique. La Munyabelu présente un profil différent dans les résultats, sans que cela suffise à déclarer son eau potable.

Des bactéries et une question de santé

La recherche rapporte la présence d’Escherichia coli et de Salmonella dans les prélèvements. La détection d’E. coli peut signaler une contamination fécale d’origine humaine ou animale. Elle appelle à protéger les points d’eau et à examiner les voies par lesquelles des matières contaminantes atteignent la rivière.

Ces résultats ne démontrent pas, à eux seuls, que tous les habitants ont été exposés ou qu’une épidémie a été causée par ces rivières. Ils constituent un signal pour renforcer les analyses et informer les populations concernées avec l’appui des services de santé.

Pour la boisson et la préparation des aliments, il est préférable d’utiliser une source reconnue sûre. Faire bouillir l’eau peut détruire des germes, mais ne retire pas les polluants chimiques. Si une contamination chimique est suspectée, il faut rechercher une autre source sûre et demander conseil aux services compétents.

Des données à transformer en actions

L’étude recommande un suivi régulier des rivières, la cartographie des points de rejet et la protection des berges. Pour les autorités, cela suppose d’organiser la collecte des déchets, d’améliorer l’assainissement et de contrôler les effluents avec les services de l’environnement et de la santé.

Un programme local pourrait publier à intervalles réguliers les données recueillies et faire connaître les actions entreprises pour réduire les rejets et protéger les sources d’eau utilisées par les habitants.

Les communautés riveraines peuvent contribuer en signalant les rejets et en participant à des actions locales d’assainissement. Ces efforts doivent s’accompagner de solutions publiques accessibles, afin que les familles disposent réellement d’alternatives pour l’eau et les déchets.

Le diaporama rapporte aussi un résultat statistique de 0,0536 pour un test lié à la demande chimique et biologique en oxygène selon les sites. Situé légèrement au-dessus du seuil de 0,05, il ne démontre pas l’absence de différence entre les lieux. Des études complémentaires restent nécessaires.

À Beni, protéger les rivières revient ainsi à relier santé, environnement et développement urbain. Répéter les mesures et partager les résultats avec les habitants aideraient à cibler les interventions là où elles sont les plus utiles.

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