De Butembo à Accra, Vendredi 05 septembre 2025 – L’Université Catholique du Graben (UCG) s’enrichit d’un nouveau docteur. Le Chef des Travaux Richard Kataliko, de la Faculté des Sciences Agronomiques, a soutenu avec succès sa thèse de doctorat à l’University of Ghana. Désormais docteur, il marque une étape décisive dans sa carrière académique et renforce la visibilité scientifique de l’UCG sur la scène internationale.
Une thèse sur les haricots biofortifiés en fer et zinc
Intitulée « PARTICIPATORY BREEDING, ASSOCIATION MAPPING AND INHERITANCE OF IRON AND ZINC ACCUMULATION IN COMMON BEAN (Phaseolus vulgaris L.) », la recherche de Dr Kataliko s’attaque à un enjeu crucial pour l’Afrique et particulièrement pour l’Est de la RDC : la lutte contre les carences en micronutriments par l’amélioration du haricot commun, base alimentaire de millions de ménages.
Les haricots biofortifiés en fer et zinc, à haut potentiel de rendement, représentent une stratégie durable face à la malnutrition.
Des enquêtes de terrain au Nord-Kivu
Une enquête menée auprès de 320 agriculteurs des territoires de Beni et Lubero a montré que la plupart cultivent un mélange de variétés locales, avec un rendement moyen inférieur à 800 kg/ha.
Ces paysans ignorent l’existence de variétés biofortifiées plus productives, mises au point par le CIAT et l’Université de Nairobi (UON), mais manifestent leur volonté de tester ces nouvelles options.
Des résultats de recherche prometteurs
- Sélection participative : sur 285 lignées biofortifiées développées par l’UON, 124 ont été retenues pour leur vigueur, leur rapidité de cuisson et leur bonne appréciation organoleptique, malgré une intégrité à la cuisson légèrement inférieure aux variétés locales.
- Performance agronomique : le génotype G4-24A a affiché un rendement record (4699,7 kg/ha) avec des taux élevés de fer (133,7 ppm) et de zinc (52,3 ppm). D’autres génotypes performants incluent RWV2887 (2331,0 kg/ha, 133,2 ppm de fer) et BF08-13-38 (2304,0 kg/ha, 53,0 ppm de zinc).
- Héritabilité : élevée pour la longueur des gousses (95,3 %), modérée pour le poids de 100 graines (57,2 %) et le fer (68,3 %). Trois lignées (BF08-14-96B, BF08-7-19B et BF08-14-51C) se sont distinguées par leur stabilité et leurs rendements supérieurs à 1800 kg/ha.
- Croisements génétiques : l’étude a montré une hétérosis positive sur certains hybrides, notamment RW547x042/5 et RW1180x042/5 pour le rendement, et Ndimirakakuja x 042/5 pour le fer.
- Analyse moléculaire : quatre QTLs (quantitative trait loci) ont été identifiés : deux associés au fer (chromosomes 1 et 3), deux associés au zinc (chromosomes 6 et 9). Treize gènes potentiels, appartenant aux familles ZIP, NHE, ABC et MATE, ont été proposés comme régulateurs de ces caractères.
Une avancée pour la sécurité alimentaire
Ces résultats ouvrent des perspectives majeures pour le Nord-Kivu, où le haricot constitue un aliment de base. En développant et en diffusant des variétés biofortifiées à la fois nutritives et productives, cette recherche contribue directement à la lutte contre la « faim cachée » liée aux carences en fer et en zinc.
Une fierté pour l’UCG
Le Recteur de l’UCG, le Professeur Ordinaire Mafikiri Tsongo Angélus, lors de la cérémonie des collations des grandes académiques le samedi 09 septembre 2025 à l’UCG, ainsi que la communauté académique ont adressé leurs chaleureuses félicitations au Dr Richard Kataliko pour cette réussite qui honore non seulement la Faculté des Sciences Agronomiques, mais aussi toute l’Université Catholique du Graben.

