Selon le média Vatican News, à la COP30, la voix de l’Église catholique de la République démocratique du Congo (RDC) s’élève avec force contre le pillage des ressources naturelles à l’Est du pays. Conduite par le cardinal Fridolin Ambongo, la délégation congolaise plaide pour la paix et la justice écologique face à ce que le président Félix Tshisekedi a qualifié de « guerre écologique ».
Parmi les délégués, Jeanne-Marie Abanda, secrétaire exécutive de la Commission épiscopale pour les ressources naturelles (CENCO), dénonce une tragédie silencieuse : « Les minerais du Congo, indispensables à la fabrication des batteries et téléphones, sont devenus des minerais de sang. Ils coûtent la vie à nos compatriotes et détruisent notre environnement. »
Elle rappelle que le coltan, le cuivre et le cobalt, censés porter la transition énergétique mondiale, nourrissent au contraire des conflits armés financés par le trafic minier illicite. Les populations, elles, restent les grandes perdantes d’une richesse qui devrait être une bénédiction.
Pour la CENCO, il ne peut y avoir de développement sans paix ni transparence. Les évêques plaident pour une gestion équitable et communautaire des ressources, associant directement les populations locales et les peuples autochtones à la protection de leurs terres.
« Il faut rompre avec le modèle d’extraction sauvage. Nous voulons un partenariat juste : nos ressources contre des investissements responsables, et non contre la guerre », insiste Jeanne-Marie Abanda.
L’Église rappelle que préserver les forêts, les cours d’eau et les minerais du bassin du Congo est un devoir moral autant qu’écologique : « Dieu a confié ces richesses à l’humanité, non pour les détruire, mais pour les transmettre aux générations futures. »
Avec ses 48 diocèses répartis sur tout le territoire, l’Église congolaise reste l’un des rares acteurs capables de mobiliser les communautés rurales. Elle mène des programmes d’éducation écologique, d’agriculture durable et de sensibilisation à la paix, mais manque de moyens financiers pour les étendre.
« Nos projets peuvent changer la donne, mais nous travaillons à petits pas faute de soutien », regrette Mme Abanda.
À Belém, la délégation congolaise espère que la COP30 servira de tribune pour rappeler que la transition verte mondiale ne doit pas se faire au prix du sang congolais.
« Aidez-nous à protéger nos ressources et à bâtir une paix durable. La RDC est au cœur de l’Afrique, mais aussi au cœur du monde », conclut Jeanne-Marie Abanda.
— Rédaction Green Afia
📍 Belém / Kinshasa

